Tous les articles taggés : Culture

Musée des Beaux-Arts, Nantes

Le Rôle Social des Musées

  Pourquoi donc lorsqu’on pense au musée, on pense au passé ? Peut-être est-ce dû aux Muses ou bien aux musées égyptiens, étrusques ou romains? Quand on pense à ces peuples, on y pense de manière opaque, dans leur époque lointaine et non dans le « vrai » temps de leur connaissance : l’archéologie est l’un des secteurs les plus modernes et informatisés de la recherche dans les sciences humaines. Quelques gestes romantiques ou intuitions visionnaires y sont encore admis, mais ensuite la stratigraphie informatisée est appliquée et l’interprétation s’effectuera seulement sur cette base. Le fait de collectionner est un phénomène relativement récent et pour certaines typologies (objets des personnes communes, cartes téléphoniques, « antiquités modernes »), est en permanente mutation. L’ICOM (International Council of  Museums ou encore Conseil International des Musées) est une organisation non gouvernementale qui entretient des relations formelles avec l’UNESCO. Elle tire son origine des musées de la science et des musées de la civilisation archéologiques et ethnographiques, qui n’ont pas plus de 150 ans et qui révisent continuellement les formes communicatives et les technologies multimédiales. Dans …

Le Bon Gouvernement par Ambrogio Lorenzetti, XIV Siècle, Siena, Italie.

Le Bon ou le Mauvais Gouvernement?

Entre 1337 et 1339, Ambrogio Lorenzetti peint les fresques de la Salle des Neuf du Palazzo Pubblico de Sienne . Ses fresques font réfléchir sur les répercussions des choix politiques dans les villes et dans les campagnes. Le Mauvais Gouvernement est dominé par la vanité, l’orgueil et l’avarice. Le Bon Gouvernement est dominé par des principes comme la bienveillance et l’équilibre. « Les fresques qui devaient inspirer l’œuvre des ciotyens gouverneurs qui se réunissaient dans ces salles, sont composées de quatre scènes disposées le long de tout le registre supérieur d’une pièce rectangulaire, appelée Sala del Consiglio dei Nove (Salle du Conseil des Neuf) ou sala della Pace (Salle de la Paix) ; Les fresques ont un effet éducatif très clair. Elles confrontent les allégories du Bon et du Mauvais Gouvernement (peuplées de personnages allégoriques facilement identifiables grâce aux légendes) auxquels suivent deux paysages d’une même ville, Sienne, avec les effets des œuvres respectives. Dans l’Allégorie du Bon Gouvernement, la Justice préside avec une grande balance, sur les bras de laquelle, deux anges administrent les récompenses et …

PITTI TRENDS, Mode Homme au Temps de la crise

La Mode Homme en Temps de Crise

En observant les propositions de la mode homme de 2013, je vois des vestes molletonnées bleues, des vestes en tweed déstructurées, des costumes finement rayés de blancs sur fond de couleur sombre en Jersey, des lunettes de soleil qui se plient comme des pailles, des pantalons de jour enveloppants et moulants, chemises de bûcherons élégantes, grosses vestes de chasses adaptées à la ville, chapeaux en jeans, pulls de pêche « urban sexy », nœuds papillons en porcelaine, pantoufles en liège élastique. La tendance masculine joue décidément avec ses éléments traditionnels. Elle modifie la place des matériaux typiques, elle inverse le classicisme, elle permute les tissus caractéristiques d’un vêtement avec ceux d’un autre. Ainsi le cardigan est en tweed avec des finitions en laine et la veste est en laine bouclée et douce. La tendance en temps de crise substitue, expérimente de nouvelles voies, change des éléments pour trouver et proposer de nouvelles façons d’être. Peut-être parce que l’homme n’est plus immobilisé dans un rôle préétabli. Il passe de l’accompagnement de son fils à l’école au …

Les Tabous Italiens

Le mot « tabou » , (« Tabù » en italien), utilisé dans le vocabulaire italien provient du polynésien « Tapu » ou « kapu » et est entré dans le lexique occidental après l’arrivée du Capitaine Cook à Kealakekua Bay dans les îles Hawai le 17 Janvier 1779. Le concept traditionnel, le « tapu » dans les îles du Pacifique, des Tonga aux Fidji, de Samoa à la Nouvelle Zélande se réfère à quelque chose de sacré ou de saint autour duquel il y a des restrictions, des prohibitions et des interdits assimilés dans les comportements sociaux. Mircea Eliade explique que « le tabou – mot polynésien adopté par les ethnographes- est précisément la condition des personnes, des objets et des actions isolées et interdites à cause du danger représenté par leur contact. En général, sont ou deviennent tabous tous les objets, actions et personnes qui apportent, par leur essence même, ou acquièrent, par une rupture du niveau ontologique, une force de nature plus ou moins incertaine. Ainsi, les lieus ou les choses « …

L’Economie de la Culture

Les industries culturelles et créatives, selon la classification proposée par la Commission Européenne, est un groupe composé de quatre sous-ensembles : –          les activités non industrielles, comme la gestion des biens culturels et des arts de la performance (performance art) et les arts visuels ; –          Les industries culturelles comme l’édition, la cinématographie, l’industrie musicale, la production de jeux vidéos ; –          Les industries créatives comme la mode, le design et l’architecture ; –          Et les industries qui y sont liées comme l’ICT (Information and Communication Technology), et l’industrie des foires et des congrès. Ainsi, si pour une grande partie de l’opinion publique,meme si cela semble étrange de parler de l’économie de la culture, en réalité, beaucoup de secteurs de l’industrie et des services ont justement la culture au cœur de leurs activités. D’après les données de  l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), dans les années 2000 en Europe, la production du secteur culturel et créatif, aurait augmenté à un rythme supérieur à celui du secteur manufacturier. Par ailleurs,  une étude de la Banque d’Italie de juillet …

Sur le Concept de Culture

« La culture, ou civilisation, entendue dans son sens ethnographique le plus large, est cet ensemble complexe incluant les savoirs, les croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes, ainsi que les autres capacités et habitudes acquises par l’Homme en tant que membre d’une société ». Dans cette définition de Edward Tylor, utilisée, même de manière critique, par les anthropologues dans leur travail, sont contenues certaines idées importantes. « La première », explique le professeur Ugo Fabietti, « est que la culture, ou civilisation, entendue dans son sens ethnographique le plus large, se retrouve partout ». Il n’existe donc pas de peuples avec culture et des peuples sans culture. La deuxième idée est que la culture est « un ensemble complexe » que nous pouvons, même dans ce cas, retrouver partout (tous les peuples, aussi  primitifs qu’ils puissent être, ont une économie, une morale, un droit, une technologie, etc…). La troisième idée est que la culture est acquise (celle-ci, n’est pas innée, propre à une race, comme le pensaient au contraire les créationistes) et ne se transmet pas par le sang. La …

Tracteur, jouet en métal

Les Jouets

Les jouets sont souvent des reproductions d’objets du monde adulte, comme si l’enfant était une miniature à qui donner des objets à sa mesure. « Ainsi, les jouets, et en particulier ceux qui permettent les fameux jeux de rôle, comme ceux de la petite fille qui berce le petit nouveau né qui a un bobo ou qui a fait pipi et popo, sont imprégnés de techniques de la vie adulte », explique Roland Barthes en 1957 dans  Mythologies. Si d’un côté ils permettent à l’enfant de se familiariser avec le monde des grands, d’un autre ils l’obligent à reproduire dès son plus jeune âge le monde de ses parents utilisant, justement, des jouets fabriqués exprès. C’est pourtant une reproduction qui forme des enfants consommateurs. Non pas des créateurs. Les jouets ne seraient donc pas des jeux. © Melissa Pignatelli 2011, traduction Flavia Fumagalli

Jardin Giusti, Vérone, Italie

Le Cyprès de Goethe

L’ombre du cyprès du Jardin des Giusti de Vérone a accueilli l’écrivain allemand Goethe qui, au cours d’un voyage de Vérone à Venise s’était arrêté sous son ombre à observer la vie fervente de la maison des Comtes Giusti. « Le Jardin des Giusti est admirablement situé, et des cyprès de la plus grande dimension y élèvent dans les airs leurs branches en forme pyramidale. En donnant cette forme aux ifs, nos jardiniers du nord ont voulu sans doute imiter cette prodigieuse production de la nature. Un arbre, dont toutes les branches semblent se diriger vers le ciel, et qui compte trois cent ans d’existence, inspire le respect. C’est l’âge de celui-ci si l’on se reporte au temps où ce jardin a été planté. » écrit Goethe à Vérone, le 17 septembre 1786. Florentins, Gibelins, les Giusti se transférèrent à Vérone au début du XIVème siècle, et vers la moitié du XVème siècle, ils firent restructurer le jardin par des experts de Boboli à Florence obtenant ainsi un jardin à l’Italienne extrêmement raffiné. Contrairement à tous les …

La Princesse de Strongoli par Arturo Ghergo, Naples, collection privée.

Le Glamour du Photographe

Dans les années 30, Arturo Ghergo  parcouru en Italie la route du photographe de mode et du cinéma en vogue aux Etats-Unis. Il réinventa à l’usage et au goût d’une nouvelle culture visuelle  nationale, les modules figuratifs d’une société évoluée et sophistiquée, en particulier pour ce qui concerne le sujet féminin, redéfini dans des formes et des valeurs expressives inédites. Sa photographie est certainement celle qui incarne le mieux la tension vers cet idéal de beauté et d’élégance qui était connu dans le monde anglo-saxon sous la notion de glamour. Arturo Ghergo, né à Montefano, dans la province de Macerata, en 1901, ouvre un studio de photographies via Condotti à Rome. Il y pratique exclusivement l’art du portrait, très rigoureusement dans le format 18 x 24 cm, dans lequel le contrôle savant et maniaque de la lumière et de la pose produit de vrais « icones », expressément conçues pour aviver la distance insurmontable entre le sujet transformé en effigie, et « le commun des mortels ». En peu d’années, il s’affirme en tant que portraitiste le plus renommé …

Horace Finaly, Banquier, initiales en or sur copie de Duncan Fraser, Newton's Interpolation, Florence, Bibliothèque de Sciences

Horace Finaly, Banquier d’Antan

Né à Budapest le 30 mai 1871, dans une famille de banquiers juifs hongrois naturalisés français en 1890, Horace Finaly étudie à Paris au lycée Condorcet.  Marcel Proust est parmi ses compagnons pendant les cours de rhétorique et de philosophie. Après le Baccalauréat, Finaly obtient sa licence en droit, effectue son service militaire et est introduit dans le monde de la haute finance par son père. Son père, Hugo Filaly, israélite, faisait partie du monde de la finance internationale et bénéficiait  grâce à son cousin le baron Horace de Landau, de l’appui des Rothschild. En avril 1900, à vingt-neuf ans, Horace Finaly entre à la banque de Paris et des Pays-Bas où l’attend une carrière fulgurante. Finaly connût une enfance heureuse entre l’appartement familial du boulevard Haussmann, les villégiatures en Autriche ou à Trouville et les séjours à Florence auprès d’Horace Landau, le grand homme de la famille. Marqué par son oncle, le futur banquier manifeste très tôt un goût prononcé pour la littérature. Outre Marcel Proust à qui il est très lié, la famille …

Félicie de Fauveau

Félicie de Fauveau

Félicie de Fauveau, (Livourne, 1801-Florence, 1886), est un personnage singulier. Félicie grandit à Florence, rentre à Paris à l’époque de la Restauration et fréquente le salon de la révolutionnaire Duchesse de Berry. Elle décide alors de devenir artiste et d’apprendre la sculpture avec son frère cadet. Alexandre Dumas s’émeut devant un de ses bas-reliefs et Stendhal lui fait de vifs éloges. Auguste Rodin trouve en elle l’inspiration pour une de ses œuvres. Félicie est monarchiste et catholique, mais défend fièrement une indépendance féminine qui la conduit à ne pas se marier,  à fréquenter assidûment la Comtesse Félicie de La Rochejaquelein et à combattre avec elle la guerre de Vendée. Après avoir été faite prisonnière et avoir fui en Belgique, Félicie de Fauveau retourne vivre à Florence. Nostalgique d’une époque qu’elle n’a pas vécu, le Moyen-âge, Félicie trouve dans la capitale granducale, le lieu idéal pour travailler. C’est une présence particulière parmi les nombreux artistes étrangers qui vivent à Florence. Elle travaille à Santo-Spirito, expose à Paris et fréquente probablement le cabinet florentin Vieusseux avec Honoré de …