Auteur : Melissa Pignatelli

Fantastic, Lille 2012

La Culture pour la Reprise Economique

Afin de souligner le rôle important que  peut jouer la culture en temps de crise, le premier ministre français Jean-Marc Ayrault et la maire de Lille, Martine Aubry, ont lancé « Fantastic » : trois mois de manifestations culturelles dans la métropole nordiste. « Dans une période de crise comme celle que traversent la France et l’Europe, nous sommes ici à l’avant-garde de ce qu’il faudrait faire pour le pays » déclare Jean-Marc Ayrault. Il poursuit ensuite : «Que ceux qui doutent de la capacité de la France à réussir son redressement viennent ici à Lille, ils verront qu’ici on se bat, qu’on se laisse bousculer par les artistes, qu’on recherche toutes les voies possibles pour redonner de l’espoir, de la confiance, de la justice, de l’avenir à tous ceux qui vivent ici». «La culture sert à créer, à regarder de façon différente le monde, à se laisser bousculer, à ne pas être conformiste, à chercher des solutions auxquelles on n’avait pas pensé, à anticiper le monde de demain», a  ajouté le Premier Ministre français. Après le très grand succès populaire …

Tracteur, jouet en métal

Les Jouets

Les jouets sont souvent des reproductions d’objets du monde adulte, comme si l’enfant était une miniature à qui donner des objets à sa mesure. « Ainsi, les jouets, et en particulier ceux qui permettent les fameux jeux de rôle, comme ceux de la petite fille qui berce le petit nouveau né qui a un bobo ou qui a fait pipi et popo, sont imprégnés de techniques de la vie adulte », explique Roland Barthes en 1957 dans  Mythologies. Si d’un côté ils permettent à l’enfant de se familiariser avec le monde des grands, d’un autre ils l’obligent à reproduire dès son plus jeune âge le monde de ses parents utilisant, justement, des jouets fabriqués exprès. C’est pourtant une reproduction qui forme des enfants consommateurs. Non pas des créateurs. Les jouets ne seraient donc pas des jeux. © Melissa Pignatelli 2011, traduction Flavia Fumagalli

Jardin Giusti, Vérone, Italie

Le Cyprès de Goethe

L’ombre du cyprès du Jardin des Giusti de Vérone a accueilli l’écrivain allemand Goethe qui, au cours d’un voyage de Vérone à Venise s’était arrêté sous son ombre à observer la vie fervente de la maison des Comtes Giusti. « Le Jardin des Giusti est admirablement situé, et des cyprès de la plus grande dimension y élèvent dans les airs leurs branches en forme pyramidale. En donnant cette forme aux ifs, nos jardiniers du nord ont voulu sans doute imiter cette prodigieuse production de la nature. Un arbre, dont toutes les branches semblent se diriger vers le ciel, et qui compte trois cent ans d’existence, inspire le respect. C’est l’âge de celui-ci si l’on se reporte au temps où ce jardin a été planté. » écrit Goethe à Vérone, le 17 septembre 1786. Florentins, Gibelins, les Giusti se transférèrent à Vérone au début du XIVème siècle, et vers la moitié du XVème siècle, ils firent restructurer le jardin par des experts de Boboli à Florence obtenant ainsi un jardin à l’Italienne extrêmement raffiné. Contrairement à tous les …

La Princesse de Strongoli par Arturo Ghergo, Naples, collection privée.

Le Glamour du Photographe

Dans les années 30, Arturo Ghergo  parcouru en Italie la route du photographe de mode et du cinéma en vogue aux Etats-Unis. Il réinventa à l’usage et au goût d’une nouvelle culture visuelle  nationale, les modules figuratifs d’une société évoluée et sophistiquée, en particulier pour ce qui concerne le sujet féminin, redéfini dans des formes et des valeurs expressives inédites. Sa photographie est certainement celle qui incarne le mieux la tension vers cet idéal de beauté et d’élégance qui était connu dans le monde anglo-saxon sous la notion de glamour. Arturo Ghergo, né à Montefano, dans la province de Macerata, en 1901, ouvre un studio de photographies via Condotti à Rome. Il y pratique exclusivement l’art du portrait, très rigoureusement dans le format 18 x 24 cm, dans lequel le contrôle savant et maniaque de la lumière et de la pose produit de vrais « icones », expressément conçues pour aviver la distance insurmontable entre le sujet transformé en effigie, et « le commun des mortels ». En peu d’années, il s’affirme en tant que portraitiste le plus renommé …

Horace Finaly, Banquier, initiales en or sur copie de Duncan Fraser, Newton's Interpolation, Florence, Bibliothèque de Sciences

Horace Finaly, Banquier d’Antan

Né à Budapest le 30 mai 1871, dans une famille de banquiers juifs hongrois naturalisés français en 1890, Horace Finaly étudie à Paris au lycée Condorcet.  Marcel Proust est parmi ses compagnons pendant les cours de rhétorique et de philosophie. Après le Baccalauréat, Finaly obtient sa licence en droit, effectue son service militaire et est introduit dans le monde de la haute finance par son père. Son père, Hugo Filaly, israélite, faisait partie du monde de la finance internationale et bénéficiait  grâce à son cousin le baron Horace de Landau, de l’appui des Rothschild. En avril 1900, à vingt-neuf ans, Horace Finaly entre à la banque de Paris et des Pays-Bas où l’attend une carrière fulgurante. Finaly connût une enfance heureuse entre l’appartement familial du boulevard Haussmann, les villégiatures en Autriche ou à Trouville et les séjours à Florence auprès d’Horace Landau, le grand homme de la famille. Marqué par son oncle, le futur banquier manifeste très tôt un goût prononcé pour la littérature. Outre Marcel Proust à qui il est très lié, la famille …

Félicie de Fauveau

Félicie de Fauveau

Félicie de Fauveau, (Livourne, 1801-Florence, 1886), est un personnage singulier. Félicie grandit à Florence, rentre à Paris à l’époque de la Restauration et fréquente le salon de la révolutionnaire Duchesse de Berry. Elle décide alors de devenir artiste et d’apprendre la sculpture avec son frère cadet. Alexandre Dumas s’émeut devant un de ses bas-reliefs et Stendhal lui fait de vifs éloges. Auguste Rodin trouve en elle l’inspiration pour une de ses œuvres. Félicie est monarchiste et catholique, mais défend fièrement une indépendance féminine qui la conduit à ne pas se marier,  à fréquenter assidûment la Comtesse Félicie de La Rochejaquelein et à combattre avec elle la guerre de Vendée. Après avoir été faite prisonnière et avoir fui en Belgique, Félicie de Fauveau retourne vivre à Florence. Nostalgique d’une époque qu’elle n’a pas vécu, le Moyen-âge, Félicie trouve dans la capitale granducale, le lieu idéal pour travailler. C’est une présence particulière parmi les nombreux artistes étrangers qui vivent à Florence. Elle travaille à Santo-Spirito, expose à Paris et fréquente probablement le cabinet florentin Vieusseux avec Honoré de …

Photo Eric Lafforgue, Ethiopie

L’Ethiopie Sacrifiée

L’Ethiopie est en train de construire un des barrages les plus grands d’Afrique sur le fleuve Omo. Selon le gouvernement, ce barrage permettrait de doubler la capacité énergétique du pays. « Le barrage changera drastiquement la vie des 200 000 habitants de la vallée de l’Omo, explique le photographe reporter  Eric Lafforgue. Le gouvernement pense les installer dans des nouveaux villages dans lesquels il promet l’accès à la santé et à l’éducation. Les tribus de la vallée de l’Omo ont toujours vécu d’agriculture et d’élevage de bétail, mais leurs terres leur ont été confisquées et « louées » à des sociétés multinationales. L’eau du barrage sert à irriguer les cultures extensives des corporations. Celui qui résiste est mal vu du gouvernement. Certains Suri travaillent sur les plantations des multinationales. Ils gagnent 30 € par mois. Ils les économisent pour s’acheter des vaches mais il y a toujours moins de terre disponible pour les pâturages. Alors, le gouvernement a envoyé des troupes armées pour maintenir sous contrôle la situation et les autorités locales ont organisé une sorte de compétition …